Renaturation de l'Aire

L’Aire

Une rivière prenant sa source au pied du Salève (Département de Haute Savoie) et se jetant dans l'Arve (Canton de Genève), soit 11 km de cours d'eau dont 9,1 km sur sol Suisse, depuis Saint-Julien en Genevois où la rivière prend son nom. Ses affluents sont le Voiret, la Lissole, la Drize.

Quatre tracés marquants ont caractérisé l'histoire de ce cours d'eau et sont révélés sur les cartes et les périodes suivantes : la carte Mayer (1730), la carte Dufour (1837), la carte Siegfried (1897) et la carte nationale (1950 - 2000). Avant sa canalisation, la formation de l'Aire était caractérisée par un « tressage » dans sa partie amont et un méandrage dès sa rencontre avec les pieds des coteaux de Bernex - Lully - Confignon.

L'Aire ne prend son nom qu'à partir de Saint-Julien-en-Genevois car elle résulte plus en amont de la confluence de cette agglomération, d'un réseau complexe d'affluents dont les principaux sont le Nant d'Ogny, le Grand Nant, le Nant de la Folle, le Ruisseau de Ternier et l'Arande. De pente souvent forte, ces ruisseaux coulent en grande partie en région rurale, au fond de petits ravins boisés d'accès parfois difficile. Depuis la frontière française jusqu'au Pont du Centenaire, les bords de l'Aire sont constitués essentiellement de bandes de l'ancienne forêt riveraine et de cultures. Quelques cordons boisés rappellent les anciens méandres de la rivière. (tiré de fiche rivière No 3, 2ème édition) Méandres reconstitués avec la renaturation.

1890 à 1930

La protection contre les crues et la nécessité du développement agricole pour les habitants de Genève entraînèrent un processus de correction du cours d'eau et un drainage des terres cultivables. Dès 1890 les premiers chantiers sur l'Aire se sont développés sur la partie en amont de Lully. Ces travaux d'endiguement et de canalisation se sont étalés jusqu'à la fin des années 1930, puis se sont poursuivis par des ouvrages complémentaires sur la partie aval de la rivière.

"J'ai l'infini à ma portée, je le vois, je le sens, je le touche, je m'en nourris et je sais que je ne pourrais jamais l'épuiser. Et je comprends mon irrésistible révolte lorsque je vois supprimer la nature: on me tue mon infini" Robert Hainard/l'Aire libre/1922

1997- 2002

En avril 1997, le Parlement adopte une modification de la loi cantonale sur les eaux qui introduit 7 nouveaux articles relatifs à la renaturation des cours d’eau.

Le programme genevois de renaturation débute en 1998. Il fait partie intégrante de la politique d’aménagement du canton de Genève. Le programme principal est sans conteste la renaturation de l’Aire. La rivière, en provenance de France, serpente et traverse dans son carcan de béton plusieurs villages dont la commune de Confignon. La rivière est en effet canalisée sur près de la moitié de son parcours et même enterrée sur la fin de son parcours, ce qui la déconnecte biologiquement de l’Arve dans laquelle elle se jette. Certains étés, la partie supérieure de son cours est complètement à sec. Une grande partie de la faune et de la flore spécifique ont disparu. Elle est l’une des plus polluée du canton par les rejets de l’agriculture intensive et un réseau d’assainissement obsolète. Elle présente une grande pauvreté biologique. La pêche et la baignade sont interdites depuis 1982 pour des raisons sanitaires.

Des mesures sont prises après de violentes crues (1976 et 1979). Mais c'est surtout en 2002 que l’inondation de Lully prouve le manque de capacité hydraulique du réseau d’évacuation des eaux pluviales et de la rivière. Le projet de renaturation de l’Aire est alors lancé en 2002, qui vise à concilier les objectifs, environnements, paysagers et de loisirs, avec les critères de protection contre les inondations. La renaturation de l’Aire est une vraie restauration du paysage.